Les douleurs du cancer
Introduction
Il est difficile d’imaginer que des aliments peuvent modifier le
cours du cancer ou les douleurs qui en découlent. Nous avons
tendance à penser que le cancer est une maladie que seuls la
chirurgie, les rayons ou la chimiothérapie ont le pouvoir de
contrôler, même en dépit de fréquents
échecs.
Laissez-moi partager avec vous les résultats
d’études qui nous ont amenés à penser
différemment. Nous n’avons pas toutes les
réponses à cette difficile maladie, loin de là.
Toutefois, il est clair que les aliments exercent une influence
à laquelle nous ne nous attendions pas, un pouvoir que nous
commençons seulement à utiliser.
Dans ce chapitre, je mettrai l’accent sur la manière
dont les aliments peuvent prévenir le cancer, en
empêcher le retour, et prolonger la survie, parce que nos armes
les plus puissantes contre la douleur sont aussi celles qui
permettent au cancer lui-même de rester en embuscade !
Ensuite, je partagerai aussi certaines remarques concernant
l’utilisation de médicaments anti-douleurs.
L’histoire vécue du Dr Anthony Sattilaro
Vous avez peut-être entendu parler du docteur Anthony J. Sattilaro, l’auteur d’un livre à succès intitulé Recalled by Life (Rappelé à la vie). J’ai rencontré Tony pour la première fois en 1986. Les événements que je vais relater avaient commencé quelques années auparavant. Tony était un médecin réputé, qui avait commencé sa carrière médicale comme anesthésiste, puis il est devenu président de l’Hôpital Méthodiste, à Philadelphie. Un jour, au cours d’un test de routine par rayons X, le radiologue a constaté une tache importante au côté droit dans la poitrine de Tony. C’était étonnant, parce qu’il ne ressentait aucun symptôme, sauf des maux de dos chroniques. Etant donné tous les projets qu’il avait entrepris dans le cadre de son travail, il n’avait jamais accordé beaucoup d’importance à sa santé. Cependant, ceci a paru potentiellement sérieux, nécessitant un examen plus approfondi.
Des examens immédiats
Le radiologue a effectué le même jour une radio des
os, et avant même que l’examen ne soit terminé, il
est apparu clairement que les résultats étaient loin
d’être normaux. La tache identifiée par la radio
s’est révélée être une masse
importante de cellules cancéreuses dans l’une des
côtes de Tony; d’autres cellules cancéreuses
logées dans son crâne, son sternum et sa moelle
épinière ont aussi été constatées,
qui se multipliaient lentement. Ce n’était
évidemment pas ce à quoi Tony s’était
attendu ce jour là, et il a pris peur. En quelques heures, il
est passé du stade de médecin occupé par son
travail à celui d’un malade souffrant de cancer
avancé.
Ses médecins ont alors voulu déterminer la cause du
cancer et où il avait débuté en vue de mettre au
point le meilleur traitement. Ils l’ont convoqué pour
des biopsies afin d’étudier les cellules
cancéreuses.
A l’origine, un cancer de la prostate
La biopsie de la prostate a répondu à leurs questions. Le cancer de la prostate est fréquent chez les hommes d’âge avancé. Lorsque ce cancer commence dans la vieillesse, il progresse souvent lentement – si lentement d’ailleurs que les médecins ne prescrivent parfois aucun traitement. Mais Tony n’avait que 46 ans. A cet âge peu avancé, le cancer de la prostate est extrêmement virulent. Dans son cas, il s’était propagé si largement qu’il n’y avait pratiquement plus rien à faire. Une chirurgie était impossible. Son cancérologue a informé Tony qu’il devrait mettre ses affaires en ordre.
Des douleurs en plus, des illusions en moins
Peu après, les douleurs dues aux cellules cancéreuses se multipliant à l’intérieur de ses os étaient devenues persistantes. Comme le mal empirait, il a commencé à prendre des anti-douleurs narcotiques, qui ont causé à leur tour des problèmes tels que des nausées parfois très fortes. Entre les douleurs du cancer et les effets secondaires de ses médicaments, il a continué son travail à l’hôpital aussi longtemps qu’il a pu. Tony Sattilaro n’avait toutefois aucune illusion à propos de sa maladie. En plus, au cours de cette même période, son propre père était en train de mourir d’un cancer des poumons. Peu après l’annonce du diagnostic de son propre cancer ont eu lieu les funérailles de son père et a il dû en outre apporter un soutien à sa mère, au mieux de ses possibilités.
Une heureuse rencontre
Après l’enterrement, alors qu’il effectuait le voyage de retour en voiture vers Philadelphie, il prit en auto-stop – malgré leur apparence quelque peu négligée – deux jeunes gens d’une vingtaine d’années, tout heureux qu’il était d’avoir quelqu’un à qui parler. Il leur raconta la mort de son père et la sentence de mort dont lui-même était frappé. Or, ces deux jeunes gens sortaient précisément d’une école de cuisine macrobiotique. Passionnés par le pouvoir de ce type d’alimentation, ils lui dirent que le cancer n’était pas une fatalité. Il pouvait très bien changer son régime et vaincre son cancer. Cela l’a vraiment irrité. Voilà deux garçons de moitié son âge, sans base médicale du tout, ne tenant aucun compte de ce qu’il était, lui, un médecin expérimenté qui ne savait que trop bien ce à quoi il était confronté. Ils parlaient de son état de santé comme de quelque chose de presque banal. Toutefois, il ne les a pas arrêtés. Il les a cependant écoutés parler du yin et du yang et comment les aliments peuvent influencer les équilibres d’énergie du corps, toutes notions qu’il estimait être des non sens absolus. Lorsqu’il les a laissés, ils lui ont demandé son adresse pour lui envoyer de la documentation. Quelques jours plus tard, un paquet lui est parvenu, contenant un ouvrage sur l’alimentation et le cancer. Ce livre ne lui a pas paru plus convaincant que les deux jeunes gens, à part un texte écrit par un médecin – une femme avec un cancer du sein chez qui une nourriture macrobiotique avait fait une énorme différence, et, apparemment causé une rémission de son cancer. Ce texte l’a impressionné, parce qu’un cancer du sein est, comme le cancer de la prostate, un cancer lié aux hormones; et ici, il s’agissait de la caution d’un médecin envers une approche par les aliments. Toujours sceptique mais intéressé d’en apprendre davantage, il s’est rendu au Centre d’enseignement macrobiotique de Philadelphie.
Un salutaire changement de régime alimentaire
Le mot macrobiotique signifie longue vie, et le régime
macrobiotique est basé sur les céréales, les
légumes et les légumineuses équilibrés
selon les préceptes de la médecine chinoise. Les
régimes macrobiotiques modernes utilisent en grande partie les
aliments de la cuisine asiatique traditionnelle, surtout du riz et
des légumes, évitant scrupuleusement les produits
laitiers, les viandes et les aliments sucrés et
raffinés. Tony n’a pas été en mesure de
trouver des études comparatives montrant le pouvoir de
l’alimentation, mais sa curiosité et son
désespoir étaient trop forts. Il a partagé le
repas au Centre et le personnel lui a aussi donné des aliments
à consommer à la maison. Le goût de ces aliments
était certes très éloigné de celui auquel
il était habitué, mais bientôt quelque chose
survint qui a le surprit en bien émanant de ce type de
nourriture: ses douleurs commencèrent à diminuer.
Il put ressentir les changements jour après jour. Il eut
besoin de moins en moins de médicaments anti-douleurs et, au
bout de trois semaines, ses douleurs avaient disparu. Il
n’avait aucune idée si son régime était
responsable pour ce changement, mais il était
dorénavant bien déterminé à ne pas
l’arrêter. C’est ainsi que, chaque jour, il vint au
réfectoire des médecins, au plus grand amusement de ses
collègues, avec son repas de paysan asiatique, sans aucune
concession aux aliments de type occidental. Il a retrouvé de
l’énergie et, sans avoir recours à des
anti-douleurs, il pouvait de nouveau se concentrer sur son
travail.
Des examens médicaux qui confirment l’amélioration
Une année plus tard, se sentant toujours bien, il décida de demander à ses médecins traitants des examens complets. Il voulait que l’on fasse un scan de ses os, semblable à celui qui avait révélé l’existence de son cancer. Lorsque les résultats de ces tests furent connus, ses médecins éprouvèrent un choc. Il ne restait plus de trace de cancer, ni dans sa moelle épinière, ni dans son crâne, ni nulle part d’autre. Son cancer n’était peut-être pas éliminé, mais il était trop petit pour être détecté par le scaneur.
Une amélioration constante
Sa santé a continué de s’améliorer, et il a alors décidé de quitter ses fonctions à l’Hôpital Méthodiste pour se consacrer à l’exploration de la relation entre les aliments et la santé, à l’écriture et aux conférences. Il a écrit un livre sur ses expériences et ce livre est devenu un best-seller. Lorsque j’ai connu Tony, il vivait en Floride, étudiant, écrivant, actif chaque jour. Il m’a montré la radiographie qui avait révélé l’existence de son cancer, et celle qui avait ultérieurement montré sa disparition. Il recevait sans cesse des lettres de personnes frappées de cancer et demandant des conseils, auxquelles il répondait qu’en toute honnêteté il n’était pas sûr à propos de ce qui avait fait la différence pour lui. En fait, il avait récupéré d’une manière remarquable, mais ne pouvait simplement pas dire que ce qui avait fonctionné pour lui le ferait de la même manière pour les autres.
Une décision contestable et une issue fatale
Alors, il m’a confié quelque chose qui m’a
énervé. Il avait décidé
d’arrêter son régime. S’étant
débarrassé de son cancer depuis près de dix ans,
il voulait se tester lui-même et voir si son cancer avait
vraiment disparu. Il a donc graduellement ajouté du poisson et
ensuite du poulet à son alimentation habituelle. Je n’ai
pas compris pourquoi il voulait faire cela. Un cancer qui a
été maîtrisé d’une manière
efficace n’est pas nécessairement un cancer
entièrement éliminé. Et s’il croit ou non
que c’est ce régime qui lui a apporté cette
amélioration, pourquoi tenter le diable ? Ses conseillers
en macrobiotique lui avaient pourtant dit que se débarrasser
d’un cancer était un défi suffisant. Le laisser
revenir et essayer de le dompter de nouveau était un challenge
à éviter.
Peu de temps après cela, le cancer de Tony était
revenu, et avec lui les douleurs qui avaient disparu pendant toutes
ces années. Il était de nouveau sous médicaments
anti-douleurs, et cette fois sans retour en arrière possible.
Lors de mon dernier entretien avec lui, son discours était
devenu saccadé; il était comme assommé et
incapable de se concentrer.
Après sa mort …
… les questions que Tony s’était posées demeuraient. Est-ce le régime alimentaire qui a fait disparaître son cancer ? Est-ce l’abandon de son régime qui a provoqué le retour du cancer ? Il n’y a pas moyen de répondre d’une manière définitive à ces questions mais une gamme étonnamment étendue de facteurs tend à prouver que les aliments influencent vraiment les hormones causant le cancer et qu’ils jouent un rôle dans son déclenchement et sa progression. Ceci ne signifie pas que les personnes atteintes de cancer doivent ignorer les autres traitements. La chirurgie, les rayons, la chimiothérapie et les traitements hormonaux ont, chacun, un rôle important. Mais cela signifie que, outre les autres traitements anti-cancer dispensés aux malades, il est essentiel de profiter du pouvoir des aliments.
Pour la suite du chapitre 10 sur les douleurs liées aux différentes formes de cancer (prostate, sein, utérus et ovaires, colon, voies digestives) et comment utiliser l’alimentation végétarienne pour lutter contre cette maladie et soulager les douleurs qu’elle provoque, nous vous encourageons vivement à lire – pour autant que vous ayez de bonnes notions d’anglais – le livre du Dr Neal Barnard Foods That Fight Pain (Les aliments qui combattent la douleur), Three Rivers Press, New York 1998, ISBN 0-609-80436-7. Cet ouvrage décrit, en cinq chapitres, comment soulager les douleurs provoquées par de nombreuses maladies graves par l’alimentation végétarienne et même de les guérir. Le chapitre 6 fournit des menus et des recettes, par Jennifer Raymond.
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